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Merci Darwin !

Attention, pour apprécier la lecture de ce message, l’écoute attentive de ce morceau de musique relaxante est recommandée pour ouvrir tous vos putains de chakras.

L’année 2008 touche langoureusement à sa fin et je me devais de signer une tribune finale, point d’ancrage de la cuvée 2009 mâtiné d’un brouillon de bilan, très à la mode en cette période de l’année.

L’année 2008 pourrait se résumer simplement par un grand merci Darwin. On retrouve enfin les bien fondés de ses théories évolutionnistes en ces sombres temps de crise mondialement planétaire et implacable. Les faibles meurent et les forts évoluent pour assurer la survie de l’espèce. De fait, le franchouillard pète burne gréviste de père en fils doit dorénavant faire face à la réalité : tel un diplodocus débile, il doit se laisser crever dans de la vase (histoire d’avoir des restes pour les générations futures) et laisser la place aux ubers niacs, version 2.0 du chinetok new age qui a troqué son pyjama noir et son AK pour du gucci made in China et un palm de contrefaçon.

Car enfin, on fait réellement face à la fumisterie rampante de ces 20 dernières années. Souviens toi, monsieur le professeur de SVT te prenait à partie après les cours pour te demander si tu aimais tuer des chats et si ça t’excitait de voir ton papa nu dans le bain. Quand il reprenait son souffle pour décoller de son front ses cheveux poisseux de transpiration et qui puaient le tabac froid, il te murmurait « tu verras, avec le choc démographique, il n’y aura plus de problème de chômage quand tu auras fini tes études »

Et dire que tu buvais ses paroles… Tu y croyais hein ? Faisant fi des années noires, fini l’époque Balladur, la crise de 93, à toi une vie de péon consumériste paisible, mouton corporate accro aux dernières innovations bling bling d’équipes markéting sublimées au LSD, de vacances à crédit et de TV sous prozac.

Sauf que le choc démographique, on n’est pas près de le voir et en grande partie à cause de gens comme moi. Ninja habilité aux missions de haut vol, j’ai passé des années à apprendre, nu, sous la neige, à genoux dans les graviers, comment optimiser le rendement marginal. Et de cette quête nait le Saint Graal : Le Reengineering. Le concept est aussi simple que logique : Dans un bureau, vous avez Samantha, Paul et André. Samantha suce, elle est donc irremplaçable mais Paul et André font le même travail stratégique : classer des photocopies. Paul classe les photocopies paires et André les photocopies impaires. Et là, après une étude scientifique de votre cru (on parle d’observation participative), vous vous rendez compte qu’en lissant l’activité sur une année, André a 4.9% de photocopies en moins à classer. Pire que tout, vous vous apercevez que le pic d’activité d’André se situe sur la période « janvier-mars » alors que Paul a sa montée d’activité d’août à octobre. Dès lors, vous faites un bilan de compétence et rapidement la conclusion implacable s’abat sur votre étude : André n’est ni juif, ni franc-maçon, ni CGTiste, ni noir, ni issu de la même école que vous, ni beau-frère avec le directeur de la division internationale des photocopies, bref, André est un électron libre et quelque part, un danger pour l’organisation.

Vous éliminez donc le problème à la racine, avant que le ver ne vienne gâter le fruit :

Avec ce genre de traitement social, la suppression d’André de notre plan matériel ne rend pas un poste à forte valeur ajouté vacant, on expurge simplement ce reliquat d’inefficacité pour rendre l’organisation enfin pure et saine. De fait, vous, candide rêveur croyant avoir le choix de carrière, voire, illustre folie, le choix de votre vie, vous vous retrouvez enfin à votre vrai place, celle de laveur de carreau. Sauf que comme le boulot de laveur de carreau n’est pas économiquement viable à cause des salaires minimaux obligatoires, on vous remplace par un robot laveur de carreau. Heureusement pour vous, on a inventé la Star Academy et le débat sur l’euthanasie avance plutôt bien.

Merci Darwin donc qui, par le truchement des crises (le pluriel est de rigueur) permet enfin aux entreprises du monde entier de ne plus faire semblant et de dégraisser à tout va les inutiles, les raleurs, les feignants, les vieux, les femmes, les gays, bref, tous les parasites corporates qui sucent la substantielle moelle du Kapital sous couvert que l’entreprise, c’est à eux et pas aux patrons (sic)

Ho mais je vois de vilaines rides orner vos yeux curieux ! Ne vous inquietez pas ! No Futur a senti la crise venir (annoncée depuis 2005, j’ai eu le temps de parfaire mon entrainement commando afin de briser la nuque à ces cohortes de clochards-ex traders qui vont essayer de me gratter une piécette) et a donc fait ce qu’il fallait pour ça : j’ai délocalisé ! Ciao les nazes et à moi les putes, les cigares et le cognac ! Ha-Ha !

Merci, merci Darwin ! Notre société n’en sera que plus meilleure dorénavant !

En bonus, une petite vidéo de mes vacances :

A nouveau riche, nouveau sport

Cet été, abandonnez votre Crocky adoré

WTF Russia Seriously !?